Marche Paris-Bruxelles 309 Km à pieds en 14 étapes contre des viols au Congo

Publié le par ESPACERDA

 

Marche Paris-Bruxelles 309 Km à pieds en 14 étapes contre des viols au Congo

 

Tous à l'esplanade Trocadero à Paris le 30 juin 2011 à 10h pour le grand départ d'une longue marche de 309 km "Ni violées, Ni persécutées" en 14 étapes pour le dépôt d'une plainte judiciaire en bonne et due forme. Les villes qui seront traversées: 1.Goussainville, 2. Senlis, 3. Compiègne, 4.Noyon, 5.Tergnier, 6.St. Quentin, 7. Bohain en Vermandois, 8.Solesmes, 9.Valenciennes, 10.Boussu, 11.Mons, 12. Soignies, 13.Hal , 14. Bruxelles. 14 jours de marche contre 14 années de silence !

L'affiche officielle de la marche Paris -Bruxelles 309 km, AJES-Ni Putes, Ni Soumises

La République démocratique du Congo est-il le deuxième pays le plus dangereux pour les femmes après l'Afghanistan ?

Les chiffres retenus par TrustLaw, structure de la Fondation Thomson Reuters, sont éloquents : 1 152 femmes sont violées chaque jour ;

57 % des femmes enceintes sont anémiques ;

0 : c'est le nombre des actes juridiques que les femmes mariées peuvent accomplir sans l'autorisation de leurs époux.

Plus de 400 000 femmes violées par an

1 152 femmes violées chaque jour, soit 48 femmes violées par heure ! Des chiffres aux proportions humainement incompréhensibles.

En 2010, l'envoyée spéciale des Nations unies pour les violences faites aux femmes et aux enfants dans les conflits, Margot Wallström, avait proclamé la RD Congo "capitale mondiale du viol" :

"Si les femmes continuent de subir des violences sexuelles, ce n'est pas parce que la loi n'est pas en mesure de les protéger, mais parce qu'elle est insuffisamment appliquée (...). Au Congo, les femmes ne sont toujours pas en sécurité, sous leur propre toit, dans leur propre lit, lorsque la nuit vient."

La déclaration de l'envoyée spéciale de l'ONU intervenait quelques jours après la publication d'un rapport trimestriel de Haut-commissariat aux réfugiés en RD Congo. L'agence onusienne faisait état de 1 244 cas de femmes violées au cours du premier trimestre 2010, soit "près de 14 viols par jour en moyenne".

Jusqu'ici, les rapports onusiens n'avaient pas encore dépassé la barre de 16 000 cas des femmes congolaises violées par an. Le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) avait enregistré 15 297 cas de violences sexuelles faites aux femmes contre 15 314 en 2008.

Une "sous-estimation", selon American journal of public health. Amber Peterman, une des chercheurs de ce journal américain de santé publique, déclare :

"Les précédentes études sur les viols et les violences sexuelles sous-estimaient gravement la prévalence réelle des violences sexuelles en RD Congo."

Le résultat de l'enquête menée par Amber Peterman et ses collègues, publié récemment, sonne comme un grand "apocalypse now" : plus de 420 000 femmes ont été violées en RD Congo entre 2006 et 2007. Une moyenne de 1 152 viols par jour. C'est donc les chiffres de cette enquête qui ont été pris en compte dans le classement des pays les plus dangereux pour les femmes.

Les chiffres qui propulsent la RD Congo au deuxième rang mondial...derrière l'Afghanistan et devant le Pakistan, l'Inde et la Somalie.

Dans un pays où tout le monde viole les femmes

Officiellement, la guerre est finie en RD Congo depuis 2003. Un long conflit armé déclenché en 1996 avec Laurent Kabila soutenu par les armées du Rwanda, du Burundi et de l'Ouganda contre le Zaïre de Mobutu. Après la chute de Mobutu, le nouveau homme fort du pays se brouille avec ses alliés et la guerre reprend en 1998.

Aujourd'hui, plus de 10 ans après, les bruits des bottes continuent à se faire entendre dans la partie orientale du pays. Deux provinces de l'est, le Nord et le Sud Kivu, demeurent la proie de divers groupes armés nationaux et étrangers. La partie nord de la province Orientale, elle, regorge les rebelles ougandais de la LRA.

Dans cet imbroglio, ce sont les civils, surtout les femmes, qui payent le lourd tribut. Incendies des villages, pillages, violences sexuelles, ... sont leur lot quotidien. Même les forces républicaines et onusiennes, censées protéger les populations civiles, se sont retournées, à un moment ou à un autre, contre elles.

Le viol, utilisé au départ comme arme de guerre, s'érige petit à petit à un mode de vie dans les villages congolais de l'est. Denis Mukwenge, directeur de l'hôpital Panzi qui soigne les victimes des violences sexuelles au Sud-Kivu, pointe du doigt l'absence de prise en charge psychologique des anciens enfants soldats, devenus adultes aujourd'hui.

"Lorsqu'il ne reste que quelques poches des combats par ici par là, mais qu'on constate que des victimes commencent à venir de villes où il n'y a pas de combat, ça nous donne froid au dos"

RD Congo, royaume des machos ?

Tenez, au Congo, aujourd'hui encore, en 2011 :

L'article 353 du code de la famille dispose : "Sous la direction du mari, les époux concourent, dans l'intérêt du ménage, à assurer la direction morale et matérielle de celui-ci" ;

Pas d'action civile en justice, sans l'autorisation du mari. La loi lui interdit aussi la faculté d'acquérir, d'aliéner ou de s'obliger sans l'autorisation maritale. Le tribunal demeure le seul recours pour lever cette autorisation (article 450) ;

Obligation pour la femme mariée de suivre son mari partout où il décide de résider. En contrepartie, le mari est obligé de la recevoir (article 454) ;

L'adultère n'a pas la même signification pour l'homme et pour la femme. La loi punit l'homme adultère que si son acte pourrait avoir un caractère injurieux pour sa femme (exemple : coucher avec une autre femme sur le lit conjugal). Mais, la même loi punit la femme mariée qui aura eu des rapports sexuels avec une autre personne autre que son conjoint, peu importe les circonstances (article 467) ;

Le plus flagrant est sans doute l'article 444 du code de la famille qui stipule : "Le mari est le chef du ménage. Il doit protection à sa femme ; la femme doit obéissance à son mari."

Tout ceci classe le Congo parmi les pays où les femmes sont terriblement discriminées. Deuxième pays le plus dangereux pour les femmes ou pas, la situation de la femme congolaise laisse à désirer. La marche Paris-Bruxelles avec comme finalité première le dépôt d'une plainte judiciaire aux instances juridiques et judiciaires à compétence universelle, est l'une des solutions pour briser le silence.

 

Freddy Mulongo

Source : Réveil-FM



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