« Ici, je continue à épeler mon prénom »

Publié le par ESPACERDA

 

« Ici, je continue à épeler mon prénom »



Djamila Slimani : « A mon époque, nous n'étions pas confrontés aux problèmes de communautarisme. Les clefs, ce sont l'éducation et l'ouverture culturelle ».

Djamila Slimani : « A mon époque, nous n'étions pas confrontés aux problèmes de communautarisme. Les clefs, ce sont l'éducation et l'ouverture culturelle ».

Djamila Slimani est directrice de l'innovation et de la solidarité, à Cap l'Orient. Lundi, elle sera l'une des intervenantes du séminaire « Femmes d'ici et d'ailleurs, actrices à part entière ».

Témoignage

 

« Je vis à Lorient depuis vingt ans. A Cap l'Orient, je suis directrice du pôle innovation et solidarité, axé sur la recherche et de l'enseignement supérieur. Je m'occupe aussi de la politique emploi et insertion au niveau de l'agglomération.

« Je suis née à Rouen, en 1957, de parents algériens. Née française, j'oublie d'une certaine manière que je suis d'origine étrangère. Même si, ici, je continue à épeler mon nom... La spécificité d'une origine étrangère, je l'ai vécue, sans en avoir vraiment souffert. Pour moi, c'est une richesse ; j'essaie d'utiliser mes deux cultures.

 

« J'ai travaillé comme éducatrice auprès de jeunes publics. Très tôt, je me suis également engagée dans le milieu associatif et j'ai découvert la fonction publique, les missions de service public. Quand vous portez un nom comme le mien, ça veut dire quelque chose. Grâce aux concours, vous pouvez accéder à des postes à responsabilités et vous êtes évalué sur vos compétences.

 

L'éducation est déterminante

 

« En 1957, le discours des parents c'était le retour au pays. C'est ce que j'ai fait après mon bac : j'ai passé un an à Alger. Les choses ont changé. Compte tenu de la problématique des pays d'origine, aujourd'hui il ne faut plus penser au retour des enfants d'immigrés...

 

« L'éducation est déterminante, primordiale. A mon époque, il existait une vraie croyance en l'école comme outil de promotion sociale. Aujourd'hui, avec la crise, c'est moins vrai. Et le bac n'est plus un blanc-seing pour trouver du travail ; ça se saurait... « Pourtant, par rapport à la prise de responsabilités, si vous êtes intégré, je ne suis pas persuadée que l'origine étrangère est un obstacle. Mais ça n'engage que moi. Ce qu'on vit dans son milieu familial est fondamental.

 

Mais si on regroupe des populations qui ont les mêmes difficultés, on aboutit au communautarisme. Au contraire, il faut ouvrir ces quartiers. Les politiques publiques doivent travailler à ce niveau-là. La France d'aujourd'hui, c'est quelqu'un qui s'appelle Patrick et Mamadou ; elle est multiculturelle. »

 

Recueilli par Catherine JAOUEN

 

Source : Ouest France

 

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