Construit à proximité d’une usine de plomb : L’hôpital pédiatrique de Diamniadio met ses futurs pensionnaires en danger de mort

Publié le par ESPACERDA

 

Construit à proximité d’une usine de plomb : L’hôpital pédiatrique de Diamniadio met ses futurs pensionnaires en danger de mort


 

 

L’hôpital pédiatrique de Diamniadio est comme installé sur une poudrière. La structure sanitaire qui doit être livrée en décembre 2011, est, en effet, construite à proximité d’une usine de plomb. Les populations ayant manifesté leurs inquiétudes, les autorités envisagent, après quatorze longs mois de travaux, de mener enfin une étude d’impact environnemental. 

 

Comment peut-on construire une structure sanitaire à proximité d’une usine de plomb ? Pourtant, on l’a fait à Diamniadio, avec l’hôpital pour enfants en construction qui sera livré en décembre prochain après vingt mois de travaux. La visite guidée de ce chantier, hier, par le ministre de la Santé et de la Prévention, Modou Diagne Fada, a permis de constater cet énorme paradoxe. Sur place, l’odeur du soufre est d’une nocivité telle qu’on a du mal à se ré-oxygéner les poumons. Le maire de la commune, Mamadou Moulaye Guèye, qui n’ignore pas le danger qui guette les futurs pensionnaires de cet hôpital pédiatrique, manifestera à son hôte l’inquiétude des populations de Diamniadio. ‘La proximité de l’usine de plomb avec cet hôpital pour enfants constitue un réel danger public. On ne peut pas prétendre soigner des enfants ici, alors qu’ils risquent de contracter une autre maladie. Le plomb est toujours un danger à Diamniadio, il demeure un problème de santé publique’, informe-t-il le ministre de la Santé et de la Prévention.

 

C’est pour rectifier le tir, précisera le maire de la commune de Diamniadio, qu’il a personnellement adressé une demande pressante à son hôte pour qu’il soit son interprète auprès du chef de l’Etat, Me Abdoulaye Wade, et du ministre d’Etat, ministre de l’Environnement, pour que cette question soit prise à bras-le-corps afin que la santé des enfants qui seront évacués au niveau de cette structure sanitaire, ne soit pas compromise. ‘Le problème préoccupe les populations de la commune’, insiste Mamadou Moulaye Guèye s’adressant au ministre de la Santé et de la Prévention.

 

Autre invraisemblance, c’est que les internés de ce futur hôpital risquent d’être approvisionnés en eau contaminée, même si, par ailleurs, on tente de rassurer par l’installation d’une station d’épuration et de traitement des eaux. Il est, en effet, prévu la création sur place d’un château d’eau, dont la source liquide sera tirée du sous-sol du site à proximité de l’usine de plomb. ‘Rien ne se perd, tout se transforme’, paraphrase le ministre de la Santé, en référence à la gestion de l’eau dans cet hôpital. Modou Diagne Fada, dans une dynamique d’apaiser les inquiétudes relatives à la présence du plomb sur le site dont il s’est lui-même rendu compte, promet la diligence d’une étude d’impact environnemental sur ce terrain miné. ‘Une mission est à pied d’œuvre pour apporter des mesures de correction’, tempère le ministre de la Santé et de la Prévention qui, justifiant le choix du site par le président Wade pour abriter l’infrastructure, soutient que ‘Diamniadio est la porte d’entrée de Dakar et ceux qui viendront des régions n’auront plus besoin d’aller jusqu’à Albert Royer’.

 

Véritable labyrinthe, cet hôpital pédiatrique est édifié sur 8 000 mètres carrés pour une superficie totale de 4 hectares à l’entrée de Diamniadio. Son architecture de l’époque de l’empire chinois en fait un chef-d’œuvre unique au Sénégal et dans la sous-région. Fruit de la coopération sino-sénégalaise, ses travaux de construction ainsi que son équipement au complet vont coûter 5 milliards de francs Cfa à la République populaire de Chine. L’Etat du Sénégal n’ayant qu’une contrepartie de 800 millions de francs Cfa d’investissement à faire. Selon Modou Diagne Fada, ‘cet argent (la contrepartie sénégalaise, Ndlr) est destiné à l’achat à hauteur de 150 millions de francs Cfa d’un transformateur pour gratter le mauvais sol à trois mètres sous terre, à la rémunération de la main-d’œuvre ouvrière’. En outre, selon lui, ‘cet argent doit aussi servir à payer les médecins, infirmiers, sages-femmes etc.’. Et dire que l’hôpital ne sera fonctionnel qu’à partir de décembre 2011, date prévue pour la livraison du joyau.

 

Cet hôpital d’une capacité de 130 lits, comprend, entre autres services, la consultation externe, une unité de chirurgie infantile, la pédopsychiatrie, la médecine infantile, une unité d’aide au diagnostic et des bâtiments pour l’hospitalisation.

 

Abdoulaye SIDY

 

Source: Walf Fadjiri

Publié dans Environnement

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