Ce que change l'interview de Diallo pour le procès

Publié le par ESPACERDA

 

Ce que change l'interview de Diallo pour le procès




Dominique Strauss-Kahn, lors d'une audience au tribunal de Manhattan,en juin dernier. Crédits photo : -/AFP

Une semaine avant la prochaine audience de Dominique Strauss-Kahn, son accusatrice s'est exprimée dans les médias sur les circonstances de l'agression présumée.

En exposant pour la première fois le visage et le récit de Nafissatou Diallo à l'opinion publique américaine -voire mondiale-, les défenseurs de la jeune femme jettent toutes leurs forces dans la bataille pour éviter que «l'affaire DSK» ne soit close. «C'est très inhabituel qu'une victime présumée de viol témoigne ainsi longuement et publiquement dans la presse avant un procès», estime Denis Chemla, avocat chez Herbert Smith. «Le but est évidemment de mettre le procureur sous pression, pour qu'il n'abandonne pas les charges, ajoute ce spécialiste de la procédure américaine, notamment en jouant une nouvelle fois sur la corde très sensible aux États-Unis de la race de la plaignante.» Les avocats de Dominique Strauss-Kahn, Benjamin Brafman et William W.Taylor III, ont eux dénoncé «un cirque indécent» destiné à influencer l'opinion publique.

 

Après la rencontre organisée entre le procureur de New York et l'avocat français de Tristane Banon, David Koubbi, cette sortie médiatique constitue la deuxième offensive destinée à asseoir le poids de la plaignante, à quelques jours de l'audience de procédure annoncée du 1er août. Selon plusieurs observateurs, le bureau de Cyrus Vance serait tiraillé entre deux courants, les uns défendant l'idée que l'opinion publique n'apprécierait pas de voir le procureur renoncer à porter ce dossier jusqu'au procès, alors qu'aucune version totalement crédible des faits n'a encore émergé publiquement, les autres estimant au contraire que l'absence de crédibilité de la victime rend le dossier indéfendable.

 

Une forme d'obligation de résultat pèse en effet sur les épaules du procureur de New York, qui joue prochainement sa réélection. Aussi la défense de Nafissatou Diallo, craignant de voir le procureur classer le dossier, n'a-t-elle eu de cesse, depuis le début, que de gagner du temps, dans l'espoir d'amener de nouveaux éléments en sa faveur.

Prendre date pour le procès 

Le ton serait également monté la semaine dernière entre Kenneth Thompson et les services du procureur à propos de la fameuse conversation qu'aurait tenue Nafissatou Diallo avec un détenu, lui confiant «savoir ce qu'elle faisait» en attaquant l'homme public. L'avocat américain revendique en vain l'accès à ces pièces.

 

Dans son interview, Nafissatou Diallo tente de travailler sa crédibilité, mise à mal par la défense. Elle assure que sa version des faits n'a jamais varié, mais elle reconnaît avoir noirci son histoire pour obtenir l'asile aux États-Unis. Si les juristes se montrent partagés sur l'impact de ce coup médiatique sur le volet pénal du dossier, beaucoup estiment que la plaignante prend ainsi date pour un futur procès au civil dans lequel elle pourra toujours ­demander des dommages et intérêts.

 

À New York, le bureau du procureur a réagi en faisant savoir qu'il déciderait des suites à donner à l'accusation uniquement en fonction de son enquête. L'audience prévue le 1er août ne sera pas forcément décisive. «De plus, souligne Kiril Bougartchev, avocat chez Linklaters, il ne faut pas oublier que, parallèlement à toute cette agitation, rien n'empêche les avocats de DSK de négocier avec le procureur. Il existe notamment en droit américain une forme d'accord, dit “nolo contendere”, dans lequel l'accusé ne conteste pas les faits -en l'occurrence la présence dans la chambre d'hôtel en présence de la plaignante-, mais ne reconnaît aucune intention coupable.»

 

Laurence De charrette

 

Source : Le Figaro

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J
<br /> SCANDALEUX. Un pervers viole et, ne reconnaït pas les faits. Vous connaissez vous un voleur dire qu'il a volé. Un tueur dire qu'il a tué. Un violeur dire qu'il a violé. Vous savez tous que la<br /> vérité existe mais comme encore rien ne vous arrive alors vous accusez cette femme d'être une menteuse. Vous êtes hypocrite et, vous le savez. Au diable la justice et vos mensonges.<br /> <br /> <br />
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