Cameroun : des personnels de santé revendiquent 22 mois d'arriérés de salaires

Publié le par ESPACERDA

 

Cameroun : des personnels de santé revendiquent 22 mois d'arriérés de salaires



Cameroun : des personnels de santé revendiquent 22 mois d'arriérés de salaires

© Afriquinfos

 

Tous les messages portés sur des pancartes expriment le désarroi des manifestants : "Venez-nous sauver, car la galère va nous tuer", "2.841 familles camerounaises en souffrance, sauvez- nous". Ou encore cet autre appel de détresse : "Nos femmes nous ont quittés à cause de notre situation précaire en emportant nos enfants. S'il vous plaît, ayez au moins la crainte de Dieu".

 

Au moins 300 travailleurs de santé revendiquent pacifiquement depuis lundi leurs arrêtés d'intégration à la fonction publique camerounaise et le paiement de 22 mois d'arriérés de salaires.

 

C'est un mot d'ordre général qui, selon les meneurs, est suivi par tous les 2.481 personnels de santé recrutés sur fonds Ppte liés à l'initiative des pays pauvres très endettés de la Banque mondiale et C2D (Contrat de désendettement et de développement de la France) en 2007.

 

Dans un mémorandum adressé le 23 juin au Premier ministre Philemon Yang, ces grévistes dénoncent la lenteur, le laxisme et l’indifférence observés autour du traitement de leurs dossiers et les menaces de leurs responsables hiérarchiques sur le terrain pourtant très avisés de leur situation de précarité.

 

"Le processus d'authentification des diplômes est une opération complexe. Mais à ce jour, la procédure d'intégration avance. Plus de 1.300 diplômes étrangers ont déjà été authentifiés", a déclaré face à la presse le sous-directeur du personnel au ministère de la Santé publique, Michel Abega.

 

Mais, cette explication ne convainc visiblement pas les personnels en grève. "Deux ans d'attente pour avoir l'intégration, c'est parce que nous sommes dans un formalisme administratif qui nous coince. Nous voulons envoyer nos enfants à l'école en septembre, aidez-nous", implore l'un des délégués des personnels sanitaires en grève.

 

Les hôpitaux des 10 régions du Cameroun sont paralysés depuis deux jours. Une situation qui amène le chef de la cellule de communication du MINSANTE, Roger Mamoun, à sortir de son mutisme : "Le MINSANTE est un ministère utilisateur. Les dossiers dont il est question sont traités par le ministère de la Fonction publique, qui procède à un travail de nettoyage, question de mettre la main sur les faux diplômes et de se rassurer que tous ceux qui seront payés sont effectivement sur le terrain".

 

Pendant que la procédure d'intégration suit son cours, le personnel de santé subsiste grâce aux aides des membres de la famille ou des amis. Mais, ils veulent rapidement mettre un terme à cette précarité. Un premier mot d'ordre de grève avait été lancé en octobre 2010, avant d'être annulé.

 

"Nous sommes là aujourd'hui parce que les autorités n'ont jamais pris nos revendications en compte. Nous voulons que notre situation change. Comment peut-on traiter un dossier en deux ans ? On ne relâchera pas. On va faire une petite pause. Mais, nous reviendrons plus tard, jusqu'à ce que des propositions concrètes nous soient faites", a réagi à Xinhua Mathurin Elong, un infirmier diplômé d'Etat en poste dans la région du Sud-ouest.

 

Source : Afriquinfos



Publié dans Santé

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