Antibiotiques : consommation en baisse mais toujours excessive

Publié le par ESPACERDA

 

Antibiotiques : consommation en baisse mais toujours excessive

 

"Nous devons mettre en place un programme ambitieux pour limiter notre consommation d'antibiotiques", affirme Jean Carlet, consultant pour l'OMS.

"Nous devons mettre en place un programme ambitieux pour limiter notre consommation d'antibiotiques", affirme Jean Carlet, consultant pour l'OMS.AFP/FETHI BELAID



La consommation des antibiotiques a baissé de 16 % en France en dix ans. Mais le pays est toujours l'un des plus gros consommateurs d'Europe derrière la Grèce, selon un rapport de l'Agence des produits de la santé (Afssaps). Le mouvement de baisse sur dix ans a surtout été sensible pendant les cinq premières années sur lesquelles porte le rapport, de 1999 à 2009.

 

Une "légère tendance à la reprise" de la consommation est même apparue depuis 2005, notamment en 2009, l'année de la grippe H1N1, bien que la grippe ne se traite pas par des antibiotiques. La consommation progresse avec l'âge, les femmes – du moins jusqu'à l'âge de 64 ans – prennent davantage d'antibiotiques que les hommes et le niveau de consommation est plus élevé dans le nord de la France.

 

CAMPAGNES DE SENSIBILISATION


"Les antibiotiques, c'est pas automatique" : la campagne lancée en 2002 par l'assurance-maladie en France avait eu un grand écho. A l'instar de la France, de nombreux pays européens ont en effet conduit des campagnes contre les consommations à mauvais escient devant l'abus des antibiotiques qui s'est traduit par un développement des résistances bactériennes.

 

Un autre plan a été lancé en 2007 et une nouvelle campagne organisée en 2010 sous l'angle "si on les utilise à tort, ils deviendront moins forts". Il s'agissait notamment d'en combattre l'usage contre des maladies virales pour lesquelles ils ne présentent aucun intérêt.

 

BAISSE DE L'OFFRE


Autre sujet d'inquiétude : la réduction de 15 % du nombre des substances antibiotiques disponibles en France. En dix ans, vingt-cinq substances ont cessé d'être commercialisées et seulement dix nouvelles substances ont fait leur apparition. Ce que certains scientifiques expliquent par la faible rentabilité des antibiotiques. "Cette situation est particulièrement préoccupante car l'appauvrissement progressif de l'offre restreint l'éventail des solutions de recours, note l'Afssaps. En pratique, les médecins sont déjà confrontés à des infections susceptibles de menacer le pronostic vital des patients par manque d'antibiotiques efficaces." Selon un rapport européen, vingt-cinq mille patients seraient morts en 2007 d'infections liées à des bactéries multirésistantes, qui n'ont pu être traitées.

 

L'Afssaps, qui considère la situation française comme "loin d'être satisfaisante", se dit favorable à une "relance d'une politique de maîtrise de l'antibiothérapie, notamment dans le cadre du nouveau plan national antibiotiques qui va être mis en place par le ministère". L'Organisation mondiale de la santé a fait cette année de la lutte contre la résistance aux antimicrobiens le thème de sa journée mondiale de la santé, en avril.

 

Source : LEMONDE.FR avec AFP

Publié dans Santé

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