Affaire DSK : Nafissatou Diallo sort de son silence

Publié le par ESPACERDA

 

Affaire DSK : Nafissatou Diallo sort de son silence




L'accusatrice de l'ancien patron du FMI a parlé pour la première fois dimanche soir, accordant des interviews à ABC (ci-dessus, à gauche) et Newsweek (ci-dessous).
L'accusatrice de l'ancien patron du FMI a parlé pour la première fois dimanche soir, accordant des interviews à ABC (ci-dessus, à gauche) et Newsweek (ci-dessous). Crédits photo : HO/REUTERS

VIDEO - L'accusatrice de Dominique Strauss-Kahn a donné sa première interview au magazine Newsweek et à la chaîne abc.


Crédits photo : HO/REUTERS

 

Murée dans le silence et vivant cachée depuis qu'avait éclaté, il y a plus de deux mois, «l'affaire DSK», l'accusatrice de l'ancien patron du FMI a enfin parlé dimanche soir. S'adressant au magazine américain Newsweek, Nafissatou Diallo, la femme de chambre de l'hôtel Sofitel de New York qui accuse Dominique Strauss-Kahn d'agression sexuelle, a affirmé sa détermination à le voir condamné.

 

«À cause de lui, on me traite de prostituée», a déclaré la jeune femme, selon des premiers extraits de l'entretien diffusés par l'AFP. «Je veux qu'il aille en prison. Je veux qu'il sache qu'il y a des endroits où on ne peut pas utiliser son pouvoir, où on ne peut pas utiliser son argent.»

 

Dansle long entretien qu'elle accorde à l'hebdomadaire, la jeune femme donne des précisions sur le processus des événéments, ce fameux 14 mai. Il est midi, elle est de service au 28e étage du Sofitel. Elle se tient devant la chambre 2820 lorsqu'elle voit le serveur emporter le plateau du petit-déjeuner de la suite 2806. «La chambre est vide», lui dit-il. Elle jette un oeil, ne voit pas de bagages. «Houskeeping (nettoyage)» lance-t-elle. Elle ne voit personne, mais elle rentre pour vérifier.

Un récit étayé par le rapport médical

Elle est dans le petit couloir qui sert d'entrée à la suite quand elle voit un homme nu, aux cheveux blancs. «Oh mon Dieu, je suis tellement désolée», dit-elle en se retournant pour partir. «Vous n'avez pas à vous excuser», lui répond l'homme. «Il m'a semblé fou», explique Nafissatou Diallo. Il attrape sa poitrine et claque la porte derrière elle.

«Vous êtes belle», aurait-il continué. Diallo pense à son travail: «Arrêtez monsieur, je ne veux pas perdre mon job». «Mais vous n'allez pas le perdre», répond-il.

 

La femme raconte ensuite au magazine le détail de l'agression.L'homme la jette sur le lit, il essaye de la forcer à une fellation. Elle résiste. «Je le pousse. Je me lève. Je voulais lui faire peur. J'ai dit ''Regardez, il y a mon chef juste à côté''». Mais l'homme lui répond qu'il n'y a personne, et que personne n'entendra rien.

 

Les journalistes de Newsweek font remarquer que Nafissatou Diallo, avec son mètre 78, est bien plus grande que Strauss-Kahn. Elle n'est pas maigre, et est en mesure de se battre. «Je ne voulais pas le blesser», explique-t-elle pourtant. Toujours la peur de provoquer l'incident qui lui ferait perdre son travail. L'homme se recule et la traîne vers la salle de bains. Il tire sur son uniforme, repousse ses sous-vêtements, attrappe son bas-ventre tellement violemment qu'il sera encore rouge, plusieurs heures plus tard, lors de l'examen médical. Il la force à se mettre à genoux, le dos contre le mur, lui coince la tête entre ses mains: «Il m'aggrippait tellement fort ici», explique-t-elle en se tenant le crâne. Elle a senti quelque chose de mouillé et d'acide dans sa bouche et l'a recraché sur le sol, précisera-t-elle plus tard dans le rapport d'hôpital.

 

Elle se lève. «J'ai couru, couru hors d'ici. Je ne me suis pas retournée. J'ai couru dans le couloir, j'étais si nerveuse. J'avais si peur. Je ne voulais pas perdre mon travail». Elle se met dans un coin, essaye de reprendre ses esprits, puis vois soudain l'homme, habillé, avec ses bagages, debout devant l'ascenseur. «Il m'a regardé comme ça», dit-elle en penchant la tête. «Il n'a rien dit».

 

La femme de ménage qui a encore tout un étage à nettoyer essaye de reprendre ses esprits. Elle va récupérer son chariot dans la suite 2820 et veut commencer à faire la chambre de DSK. Mais elle est trop bouleversée pour travailler. Elle dit n'avoir jamais changé de version sur ce point et n'avoir jamais raconté qu'elle avait nettoyé la chambre 2820 après l'agression.

 

Son récit s'accorde selon le journal avec le rapport de l'hôpital. Plusieurs semaines plus tard, alors qu'elle se plaint de douleurs à l'épaule, ils trouveront un tendon partiellement déchiré.

Dernière chance de sauver l'accusation

Les journalistes qui ont recueilli ses confidences parlent d'une jeune femme qui pleure beaucoup lors de l'entretien, «mais il y a des moments où ces larmes semblent forcées». Elle parle avec peu de précisions de sa vie en Afrique, racontant juste qu'elle a déjà été violée par deux soldats guinéens. Elle reste vague sur sa famille, ne se souvient pas de l'âge «3 ou 4 mois» auquel est morte une de ses filles.

 

En sortant de son silence, Nafissatou Diallo joue peut-être là sa dernière carte dans un dossier très mal en point. Sa moralité, et donc la valeur de son témoignage, avait en effet été mise en doute quand le bureau du procureur de New York, Cyrus Vance, a révélé qu'elle avait plusieurs fois menti lors de ses auditions. En cause, des mouvements de fonds suspects sur son compte en banque et un coup de fil à un fiancé en prison après l'agression présumée. La presse à scandale en a fait son beurre, le tabloïd The New York Post écrivant même qu'elle se livrait «régulièrement» à la prostitution.

 

Le principal témoin de l'accusation décrédibilisé, c'était tout le dossier contre Dominique Strauss-Kahn qui semblait s'effondrer. Pour les avocats de l'ex-patron du Fonds monétaire international, forcé à la démission par l'affaire, Nafissatou Diallo tente de mettre le public de son côté en donnant ses premières interviews.

«Enflammer l'opinion publique» 

Le procureur Cyrus Vance, qui doit penser à sa réélection, pourrait en effet être moins tenté d'abandonner les poursuites si le public new-yorkais prenait parti pour la jeune femme...

 

«Le but évident de ce comportement est d'enflammer l'opinion publique contre un accusé dans une affaire criminelle en cours», estime la défense de DSK dans un communiqué. Ils y voient la main des avocats de la jeune femme, notamment le très médiatique Kenneth Thompson. Celui-ci a à plusieurs reprises pris la presse à partie et présente l'affaire comme un conflit de classes, la pauvre femme de ménage contre le riche et puissant DSK. La prochaine audience dans l'affaire est prévue le 1er août

 

Isabelle Roughol

Source : Isabelle Roughol

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B
<br /> Cette femme ne ment pas. Si par moment elle s'égare c'est qu'elle est envahi par ce drame. Je la crois et, il faut que ce criminel paye pour toute les fois où il a agresser ces victimes.Beaucoup de<br /> criminels sont en cavale et recommence par faute d'une justice non appliquée. Bon sang mais réagissez!<br /> <br /> <br />
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M
<br /> Je souhaite que la femme de ménage nous annonces la vraie histoire. la verssion de mme Dialo manque de verité, je ne crois plus à cette dame. j'ai maintenant des doutes qu'elle s'amuse avec nous.<br /> <br /> <br />
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