Dimanche 31 juillet 7 31 /07 /Juil 09:47

 

Déchéance de nationalité pour les « tueurs de flics » : le coup de Com’ de Grenoble

A quoi sert la loi ? A changer la société ? Ou bien à faire de la communication politique en envoyant des messages à l'électorat ? Cette question se pose à l'occasion de l'anniversaire du désormais célèbrediscours de Grenoble de Nicolas Sarkozy le 30 juillet 2010. Outre la stigmatisation des Roms, le chef de l’État faisait clairement le lien entre criminalité et « origine étrangère » en déclarant notamment : « La nationalité française doit pouvoir être retirée à toute personne d'origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d'un fonctionnaire de police ou d'un militaire de la gendarmerie ou de toute autre personne dépositaire de l'autorité publique. » Sollicitée en ce sens dès la rentrée, l'Assemblée nationale votait finalement le 30 septembre 2010, sans enthousiasme et par une courte majorité, une mesure bien plus précise : l'extension de la déchéance de nationalité aux Français naturalisés depuis moins de dix ans condamnés pour meurtre d'agents dépositaires de l'autorité publique (voir notre premier article sur Rue 89).


On pouvait alors se poser la question juridique de la constitutionnalité de cette mesure eu égard au fait que l'article 1 de la constitution de la Vème République garantit « l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion ». La question que l'on posera ici est plus simple : combien de policiers et de gendarmes sont réellement tués par des Français « d'origine étrangère » ? Autrement dit, cette loi a t-elle un fondement dans la réalité ou n'est-elle qu'un coup de Com' ?


Un président et un ministre incapables de répondre à la question


Il faut lire le débat parlementaire qui a précédé le vote de cette disposition de septembre 2010. Le député PS des Landes Jean-Pierre Dufau pose cette question à Éric Besson (à l'époque ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire) : « Comme vous êtes féru de statistiques, vous avez sans doute lu les rapports effectués chaque année sur le sujet. Ma question est très précise : au cours des trois dernières années, (...) combien de crimes de ce type ont-ils été commis contre des forces de police, des magistrats ou des jurés ? À combien de ces criminels aurait été appliquée la déchéance de la nationalité selon les termes de l'article, autrement dit pour des personnes ayant acquis la nationalité française depuis moins de dix ans ? ». En d'autres termes, y a-t-il un fondement réel à cette mesure ? On constate alors que ni le Président, ni le ministre ni aucun député ne répondra jamais à la question de monsieur Dufau, ni durant les séances plénières, ni en commission parlementaire ni dans les médias.


Quid alors de la réalité du crime visé par cette loi ? En fait, monsieur Besson et monsieur Sarkozy ignoraient apparemment combien de policiers et de gendarmes sont tués par des personnes « d'origine étrangère » chaque année. De là à penser qu'en fait ils s'en moquaient, il n'y a qu'un pas. Pour se permettre de le franchir, encore faut-il s'assurer de la réponse à la fameuse question.

Peut-être 1 cas concerné ces dix dernières années, sinon zéro


Dans la réalité, donc, certains de nos policiers et de nos gendarmes sont-ils réellement tués volontairement par des personnes de nationalité ou d'origine étrangère, et si oui comment ? Combien ? Etc. Nous n'avons pas pu obtenir de réponse satisfaisante concernant les gendarmes dont le cas est compliqué par le fait qu'ils interviennent aussi dans des opérations militaires extérieures aux frontières nationales. En revanche, nous avons pu trouver l'information concernant la police nationale, grâce au travail d'un capitaine de police dont nous avons parlé récemment sur ce blog à l'occasion de la publication de son livre Victimes du devoir. Les policiers morts en service.


Son travail consiste en effet à recenser les policiers morts en service afin de leur rendre  hommage, sans aucune idéologie particulière (voir aussi son site Internet). On y trouve des détails sur les victimes, les circonstances et les auteurs de ces crimes. Le comptage est rendu imprécis d'une part par le fait que l'on ne peut pas toujours établir avec certitude la cause de la mort ni l'intention de tuer, d'autre part par le fait que l'on ne connaît pas toujours avec certitude la nationalité ou l'origine des criminels en question (et encore moins le nombre de ceux qui seraient « naturalisés depuis moins de dix ans »). Nous sommes cependant en mesure de produire les informations suivantes :

Ce site recense 54 policiers tués en service de janvier 2000 à décembre 2010.

• Seuls 15 d'entre eux ont été tués volontairement (13 par balles, 2 fauchés par un véhicule). Les premières causes de mortalité sont en réalité les accidents de la circulation.

• Dans 4 affaires, on peut déterminer de façon quasi certaine que l'auteur était de nationalité étrangère (inclues les affaires liées à l'E.T.A.) et dans seulement 1 affaire qu'il était « d'origine étrangère ». Et encore, dans cette unique affaire on ne sait pas si le criminel était « Français naturalisé depuis moins de dix ans ».

Les deux nouveaux décès enregistrés au premier semestre 2011 ne changent rien à cette analyse.

La police a bon dos


Nous sommes ainsi en mesure de répondre à la question que posait le député : si elle avait prévalu depuis déjà dix ans, la disposition votée par l'Assemblée nationale après le discours de Grenoble aurait concerné au mieux un cas de policier, peut-être zéro. La police a bon dos, c'est le moins que l'on puisse dire. Et la réponse à la question que nous posions au début de cet article ne fait guère de doute : c'était bien une opération de communication sans rapport avec la réalité invoquée.

Source: Le Monde

 

 

 

Par ESPACERDA - Publié dans : France
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Samedi 30 juillet 6 30 /07 /Juil 21:30

 

 

QUAND SARKOZY SE COMPORTE COMME WADE : Il achète un vieil avion au prix du neuf en plus d'autres moteurs

 

 

 

Entre Nicolas Sarkozy et Abdoulaye Wade, les ressemblances sont frappantes. Le populisme et le fait de n'éprouver aucune gêne à voir leurs fils gérer de lourdes responsabilités sans pour autant rassurer les populations sur leurs capacités à les assumer par leur background et leur vécu, Abdoulaye Wade et Nicolas Sarkozy se partagent à merveille ces deux caractéristiques. 

 

Le premier, Wade, fait passer son fils pour le Sénégalais le plus intelligent, plus compétent que les Ousmane Tanor Dieng, Moustapha Niasse, Abdoulaye Bathily qui ont tous, comme le faisait remarquer subtilement Me Boucounta Diallo, la reconnaissance de leurs pairs et non de leurs pères. Et affirme même son plaisir à le voir devenir président du Sénégal, quoiqu'il n'ait jamais rien géré dans ce pays. 

 

Le second, Sarkozy n'a trouvé rien à dire dans un passé récent, quand son fils de 23 ans, avec simplement le bac en poche, a eu le toupet de vouloir diriger l'Établissement public d'aménagement du quartier des affaires de la défense (Epad) avec un budget impressionnant. 

 

Une ressemblance entre les deux présidents du Sénégal et de la France qui ne s'arrête pas là. Elle se retrouve jusque dans la façon dont ils ont acheté leurs propres avions. Sarkozy a fait exactement comme Abdoulaye Wade. Il a acheté un vieil avion au prix d'un neuf en y ajoutant en prime l'achat de moteurs. Une pratique du chef de l’Etat français que relate dans son blog elysee.blog.lemondre.fr, Arnaud Leparmentier. 

 

Ce dernier fait en effet cas du nouvel A 330-200 de Sarkozy qui a coûté au final 259,5 millions d'euros, au lieu des 226 millions d'euros initial à cause de l'achat des moteurs à plus à 23,4 millions d’euros. Un achat des nouveaux moteurs qui a été justifié par l’Elysée par des soucis «d’exclure tout risque de défaillance». 

 

Source : Le Populaire

Par ESPACERDA - Publié dans : Alternoces
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Samedi 30 juillet 6 30 /07 /Juil 16:38

 

Angélique Manga, journaliste et chargée de com' du Festival du royaume des enfants : « Les enfants font partie de moi »

 

 

 

 

Angélique Manga de son vrai nom est une journaliste sortie de CESTI en 2001. Majore de sa promotion avec la mention très bien; elle a fait ses débuts a WALFADJIRI et au QUOTIDIEN avant d’atterrir à la R.T.S. Passionnée ou préoccupée par les enfants, elle décide de collaborer avec ses confrères et consœurs pour mettre sur pied une association dénommée le royaume des enfants, qui chaque année organise un grand festival appelé FAR (festival du royaume des enfants) qui a pour visée de regrouper les enfants les plus brillants au niveau de chaque classe et dans chaque région du Sénégal pour une

 

Est-ce que vous pouvez nous parler du FAR ?

Le FAR est un festival scolaire lancé en 2007. L’idée vient de Mame Codou Dieng qui est la directrice du festival en collaboration avec une équipe de jeunes dont Mm Mbengue , Mbaye Faye et Mme Mbodji. Avec la complicité des inspections d’académies, ce festival regroupe les meilleurs élèves du Sénégal âgés de 9 à 12 ans. Qui dit royaume dit forcément roi et reine. C’est pourquoi on a décidé cette année d’inviter les vainqueurs de l’année passée le roi Djiguili Sakho du Mali et la reine du Niger pour une sorte de passation de trophée. Puisqu’on a pris la décision de faire de ce festival un festival panafricain il a été convenu d’inviter les enfants de la RDC, de la Côte d’Ivoire, du Benin, de la Gambie pour offrir à ces derniers un espace pour s’évader dans le sens positif du terme.

 

 Est-ce que vous avez des partenaires qui vous soutiennent pour la bonne tenue du festival?

 J’aime bien cette question! Nous avons réussi a décrocher le soutien de quelques ministères qui ne sont en fait que des soutiens didactiques mais pour ce qui concerne vraiment le soutien financier, il reste beaucoup de choses à faire. Par contre nous saluons vraiment la Francophonie qui est en train de nous aider depuis l’année dernière pour conduire comme il se doit ce festival. Nous saluons aussi le partenariat technique du ministère de la Santé, du ministère de la Culture parce qu’étant conscient du devoir moral qui lie ces institution a ce festival. 

 

Est-ce vous avez bouclé le budget pour l’organisation de cette année ? 

Aujourd’hui, on a d’énormes problèmes parce qu’avec un budget qui tourne au tour de 58 millions de FCFA au moment où je vous parle, on a bouclé que les 2/3 du budget. Nous aimerions vraiment être appuyés par les mécènes et par l’Etat du Sénégal et voulons même qu’au niveau de l’Assemblée nationale, qu’on vote une loi pour venir en aide aux associations bénévoles qui aident les enfants.

 

 Parait-il que le président de la République vous a reçue ? 

Effectivement le président de la république nous a reçus après avoir su que les enfants étaient logés au complexe Yengoulène. Il a donné l’ordre qu’on nous installe à l’hôtel des Almadies et il nous promis de décanter la situation dans un bref délai. Toutefois, je tiens à préciser que jusque-là, le président ne nous a pas encore donné de l’argent mais nous le remercions pour sa disponibilité et sa gratitude tout en espérant une suite favorable à notre demande afin que ce festival puisse se tenir dans de très bonnes conditions.

 

LERAL.NET -



Par ESPACERDA - Publié dans : Femmes battantes, femmes d'espoir...
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Samedi 30 juillet 6 30 /07 /Juil 16:12

 

Quand l’agriculture sert à nourrir les machines aux dépens des humains

Basta ! a enquêté sur un empire méconnu mais tentaculaire, du nom de Sofiprotéol, leader français dans les huiles de colza, de tournesol ou de soja. Fonds d’investissement aux multiples filiales, Sofiprotéol préfigure une agriculture au service quasi exclusif de l’industrie pétrolière et chimique. Cette « pieuvre verte » est dirigée par Xavier Beulin, actuel président de la FNSEA, le syndicat agricole majoritaire, qui a l’oreille du pouvoir. Si ce modèle se développe, l’agriculture de demain servira-t-elle encore à nourrir le monde ?


 

Le modèle agricole français servira-t-il encore à nourrir les êtres humains ? En ces temps de spéculation sur les matières premières, notamment alimentaires, c’est la question que l’on peut se poser, alors que s’est ouvert à Paris le G20 agricole. « Nous voulons donner la parole aux paysans du monde entier. Nous avons des choses à dire en matière de lutte contre les variations de cours, l’arrivée des fonds spéculatifs, ou la constitution des stocks d’intervention », a lancé Xavier Beulin, président du premier syndicat agricole français, la FNSEA. Sous son égide, la puissante organisation compte bien apparaître comme un interlocuteur de premier choix, après avoir largement influencé la politique agricole française depuis un demi-siècle.

 

Mais qui est Xavier Beulin, le nouveau leader de la FNSEA ? Quelle vision de l’agriculture incarne-t-il ? À la tête du fonds d’investissement Sofiprotéol, l’homme ressemble davantage à un businessman qu’à un agriculteur. Sofiprotéol ? C’est l’établissement financier de la filière des oléoprotéagineux (colza, tournesol, soja). La société possède un vaste empire : leader de la production d’agrocarburants en France, impliqué dans le développement des OGM, la sélection génétique animale et végétale, dans la « chimie verte », propriétaire de la marque d’huiles Lesieur et du groupe Glon Sanders, leader français de nutrition animale. C’est fou le nombre de produits que l’on peut fabriquer à partir de fleurs de colza ou de tournesol : du carburant, de la glycérine (pour la pharmacie ou l’armement), du plastique, des détergents, des produits cosmétiques… Et accessoirement des huiles alimentaires. Résultat : sur un chiffre d’affaires de 5,6 milliards d’euros en 2010 pour Sofiprotéol, plus de la moitié est réalisé dans des débouchés industriels qui n’ont plus rien à voir avec l’alimentation humaine ou animale, dont 2,3 milliards pour les seuls agrocarburants. Quand les champs de colza commencent à ressembler à des gisements pétroliers…

 

Le monde selon Sofiprotéol préfigure-t-il l’agriculture du futur ? Est-ce un modèle partagé par ceux qui ont élu le businessman à la tête de la FNSEA ? Son élection en décembre dernier a suscité de nombreuses réactions. L’homme défend une « agriculture moderne, vivante et conquérante ». Pour Philippe Collin, porte-parole de la Confédération paysanne, il incarne surtout « une agriculture où les paysans sont sous l’emprise croissante des industries agroalimentaires. Une agriculture intégrée dans l’appareil économico-financier. En dehors des rouages macro-économiques, pas de possibilité pour les paysans d’exister. » Et Sofiprotéol, dont il est président ? «Une pieuvre, aux énormes tentacules», décrit Christian Berdot, responsable agrocarburants pour l’ONG Les Amis de la Terre.

 

Les manipulations génétiques, solution à la malnutrition ?


Sofiprotéol est actionnaire de Biogemma, une société qui contribue à « augmenter la biodiversité » par ses travaux sur les OGM… Biogemma a mis au point un « maïs résistant à la sècheresse », grâce à l’introduction par transgénèse d’un gène de sorgho. Et la société a multiplié ces dernières années les procédures judiciaires à l’encontre de faucheurs volontaires d’OGM. Côté génétique, Sofiprotéol figure également au sein du capital de Hendrix Genetics, un des leaders mondiaux de la génétique animale. L’entreprise basée aux Pays-Bas a notamment développé des « souches de poules pondeuses qui peuvent se nourrir de tourteaux de colza sans que le goût de leurs œufs ne soit modifié ». Un débouché supplémentaire pour les producteurs d’oléagineux.

 

Hendrix Genetics possède des entreprises et « joint-ventures » dans 22 pays, elle est spécialiste des fusions-acquisitions, comme le montre son spot publicitaire. Elle se rêve en sauveuse de l’humanité. Grâce à la sélection génétique, on pourra demain nourrir 9 milliards d’humains. Fini la malnutrition. Par sa filiale ISA (Institut de sélection animale), Hendrix Genetics est l’héritier de l’entreprise bretonne Studler, qui avec l’Institut national de recherche agronomique (INRA), a fabriqué dans les années 1970 la poule « Vedette 2 » : une poule naine aux besoins alimentaires réduits, après sélection génétique, qui en 1985 représentait 58 % du marché avicole national. La biodiversité ne fait pas partie des priorités de l’entreprise ! « Au fond, nous sommes encore des agriculteurs » [1], précise ISA sur son site. Comme si on pouvait en douter…

 

Une côte de porc FH100 ou un rôti Galaxy 300 ?


En échange de sa participation au capital, Sofiprotéol a cédé à Hendrix Genetics sa filiale France Hybrides [2], la « plus importante société privée de génétique porcine en France ». Celle-ci propose une gamme complète de porcs, créés par amélioration génétique, et triés selon leurs qualités : la Galaxy 300 vantée pour sa « douceur maternelle », la truie FH100, dont « les options choisies » pour sa création « ont pour but d’assurer l’homogénéité du produit terminal ». On ne sait pas trop s’il est question de jambon ou du porcelet à naître… Hendrix Genetics utilise la bio-informatique pour prévoir la « valeur génétique » de ses produits. Et stocke pour ses programmes d’amélioration génétique « des millions d’informations relatives aux performances individuelles de [ses] pedigrees ». Selon Hendrix Genetics et Sofiprotéol, l’agriculture du futur se gère dans des centres de données informatiques.

 

Pourquoi Sofiprotéol, concernée par les oléagineux, s’est-elle embarquée dans l’amélioration génétique animale ? Parce que les filières animales représentent le premier débouché des productions végétales. Sofiprotéol renforce donc sa présence dans ce secteur « par des prises de participation stratégiques ». C’est cette même logique qui conduit Sofiprotéol à la prise de contrôle en 2007 du groupe agroalimentaire Glon Sanders, leader français des aliments composés pour animaux. En dominant toute la filière, de la production d’oleagineux jusqu’à la sélection des animaux qui mangeront ces produits, Sofiprotéol étend ses tentacules.

 

Sofiprotéol, champion de la « chimie verte »


Sofiprotéol fait aussi des affaires avec l’entreprise InVivo, dans le secteur des semences, grâce à une holding commune. InVivo, premier groupe « coopératif » agricole français, s’occupe du stockage de céréales et du commerce international des grains, délivre ses conseils à l’agriculture intensive, ou investit la grande distribution (magasins Gamm Vert). L’entreprise commercialise aussi plus de la moitié des pesticides épandus en France, et consacre un milliard d’euros à la « santé végétale », par des accords de distribution avec les grandes firmes de l’agropharmacie – Syngenta, Bayer Cropscience, BASF, DuPont de Nemours [3]. Un partenariat stratégique de plus pour la pieuvre Sofiprotéol.

 

Parmi les filiales de Sofiprotéol, on trouve également deux sociétés spécialisées dans « l’oléochimie », Novance et Oléon. Cette dernière est une ancienne filiale de TotalFinaElf. Leaders du secteur en Europe, ces sociétés commercialisent des produits industriels d’origine végétale, utilisés dans les secteurs des lubrifiants, lessives, peintures ou cosmétiques… Une « chimie renouvelable », comme le décrit Sofiprotéol. Et qui protège l’environnement, précise le site du groupe. Avec le Grenelle de l’environnement, l’Union des industries chimiques s’est engagée à utiliser 15% de matières premières renouvelables dans ses approvisionnements d’ici à 2017. Sofiprotéol ne pouvait manquer d’investir dans un domaine qui constitue un débouché de plus pour la filière oléagineux. Le groupe a également lancé en Picardie un projet de bioraffinerie « Pivert », qui doit produire, à partir de colza et du tournesol, des biomatériaux pour l’emballage ou le bâtiment.

 

Des agrocarburants financés par le contribuable


Et quand les cultures de colza, soja ou tournesol ne finissent pas transformées en lessives, cosmétiques ou emballages, on les retrouve dans les carburants. Car le fleuron de Sofiprotéol, c’est Diester Industrie, numéro un mondial du « biodiesel ». Une entreprise productrice d’agrocarburants, en situation de quasi monopole en France. Comment Sofiprotéol s’est-elle taillée la part du lion dans la production de carburants ? Dans les années 1990, transformer le colza et le tournesol en agrocarburant est 2 à 3 fois moins rentable que le débouché alimentaire. Avec sa filière Diester, Sofiprotéol va réussi un tour de force, explique Patrick Sadones, agriculteur en Seine-maritime et ingénieur agronome, qui a produit un rapport très détaillé sur le sujet. Des aides de la PAC, une attitude bienveillante des pétroliers [4], des études de l’Ademe garantissant l’efficacité énergétique de la filière… Autant d’éléments favorables qui vont lancer la production à grande échelle.

 

Mais quand Xavier Beulin arrive à la tête de Sofiprotéol, les agrocarburants ne sont pas encore compétitifs. Il faut trouver une solution pour vendre le Diester®. La recette ? L’obtention d’une défiscalisation des agrocarburants : l’État reverse une partie des taxes perçues sur la vente de carburants aux producteurs d’agrocarburants. En 2003, Sofiprotéol bénéficie ainsi d’une « défiscalisation » de 0,35 euros par litre de Diester® [5]. Une facture payée par le contribuable. Vient ensuite la Taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) en 2005 : l’incorporation d’agrocarburants (esthers d’huile) devient obligatoire dans le gasoil vendu à la pompe. Les distributeurs de carburants sont contraints d’acheter ces esthers d’huile à des sites de productions bénéficiant d’un agrément. Et jusqu’en 2007, comme par hasard, seuls les sites de Sofiprotéol/Diester industries bénéficient d’un agrément… C’est ce qu’on appelle la concurrence libre et non faussée.

 

Le Diester®, une « arnaque écologique au bilan catastrophique »


« Sofiprotéol ne tolère aucun concurrent sur le territoire national », explique Patrick Sadones. « Et les distributeurs de carburants ont dû payer 880 euros le mètre cube de Diester® vendu par Sofiprotéol, contre 360 euros pour un mètre cube de gasoil ». L’affaire est juteuse. Au point que selon Henri Prévost, ingénieur général du Corps des mines et auteur d’un rapport pour le gouvernement en 2005, les nouvelles usines d’estérification sont amorties en deux ans… « Sofiprotéol est extrêmement puissant. Les pétroliers sont aujourd’hui captifs, et Sofiprotéol ne prend pas de gants pour fixer les prix », estime Patrick Sadones. Le monopole s’est depuis fissuré, mais Sofiprotéol fournit encore les trois quarts du marché. Même le groupe Total, associé au géant Neste Oil qui exploite la plus grosse unité d’estérification du monde à Singapour, n’a pas obtenu du gouvernement l’agrément pour les 200.000 tonnes qu’il prévoyait de produire à Dunkerque. Résultat ? « Tous les ans, les distributeurs de carburants sont face à un seul opérateur, qui a juste ce qu’il faut à vendre, et ils sont obligés d’acheter », accuse l’ingénieur agronome. Et « Sofiprotéol continue son racket » : pour chaque litre de diesel vendu à la pompe, les automobilistes payent 3,5 centimes et l’État verse 0,5 centime (coût de la défiscalisation) pour les agrocarburants de Sofiprotéol.

 

Un surcoût qui pourrait avoir du sens, s’il contribuait à développer une énergie renouvelable et à diminuer les gaz à effet de serre. Mais pour Patrick Sadones et la Confédération paysanne, aucun doute : le Diester® est une « arnaque écologique » et son bilan est « catastrophique ». Une nouvelle étude de l’Ademe, publiée en 2010, rectifie les résultats de l’étude précédente (2002) concernant l’efficacité énergétique de cet agrocarburant. Malgré les progrès techniques, les chiffres sont bien moins favorables au Diester® [6]. « Même l’augmentation du pétrole au-delà de 150 dollars le baril ne rendra pas le Diester® compétitif », conclut Patrick Sadones.

 

Surtout, le Diester® pollue. L’étude de l’Ademe estime que l’utilisation de Diester® réduit de 57% les émissions de gaz à effet de serre par rapport à l’équivalent en gasoil. « Mais il faut raisonner à production alimentaire constante : un agriculteur qui signe un contrat avec Diester industrie, cela signifie une déforestation à l’autre bout du monde pour maintenir la production mondiale en huile alimentaire, explique Patrick Sadones. Si on inclut ce changement d’affectation des sols, sur 20 ans, le Diester® est 2 fois plus mauvais que le gazole en terme d’émissions de gaz à effet de serre. »

 

Estérification ou désertification


Qu’importe, la pieuvre verte cherche aussi à étendre ses tentacules en Afrique. Le rachat de l’ex-Compagnie française de développement du textile (Sodaco), présente en Afrique de l’Ouest, au Maroc ou à Madagascar a échoué. Mais l’ancien président fondateur de Sofiprotéol, Jean-Claude Sabin, préside le conseil de surveillance de la société française Agro Energie Développement (Agroed), qui mène des projets de développement des agrocarburants au Mali, au Burkina Faso, ou en Guinée [7]. L’éventuelle expansion de Sofiprotéol en Afrique pourrait avoir de lourdes conséquences pour les agriculteurs locaux.

 

En 2010, les agrocarburants représentent en France l’équivalent de 109% de la production nationale de graines oléagineuses [8]. La production d’huile végétale est entièrement détournée de l’alimentation vers les carburants, ce qui entraîne des importations d’huile. Saipol, filiale de Sofiprotéol et propriétaire de Lesieur, en a d’ailleurs fait les frais en 2008 : 40.000 tonnes d’huile de tournesol, importées d’Ukraine, avaient été coupées au lubrifiant pour moteur. Saipol se déclare victime d’une fraude organisée, mais sa gestion de la crise a été très critiquée.

 

Surtout, l’importation notamment d’huile de palme provoque des déforestations importantes. « Ce changement d‘utilisation des sols provoque des émissions de CO2 considérables et l’utilisation de Diester® en substitution au gasoil, au lieu de réduire les émissions de gaz à effet de serre, pourraient les augmenter d’approximativement de 8 millions de tonnes d’équivalent CO2 ! », expliquent, dans un communiqué commun, Greenpeace, Les Amis de la Terre et le Réseau action climat. Sans oublier que la demande européenne en agrocarburants participe à la flambée des prix des matières premières agricoles et contribue à la spéculation sur les denrées alimentaires. Au total, on est loin des promesses écologiques de Sofiprotéol !

 

« La réussite de Sofiprotéol repose sur une imposture », résume Patrick Sadones. « Et l’élection de Xavier Beulin à la tête de la FNSEA est révélateur d’un syndicat qui ne sait plus quoi faire. Il comptait sur son poids politique, et, aujourd’hui, l’État n’a plus de marges de manœuvre pour satisfaire ses revendications. Alors on va se jeter dans les bras de ce gars-là, en se disant que c’est un modèle pour les autres filières. » La logique tentaculaire et l’intégration de la filière, des semences jusqu’aux produits de consommation finale, seraient-ils la solution d’avenir pour les acteurs agricoles ? Sofiproteol est sur tous les fronts : de ses 30.000 tonnes de sauces et mayonnaises, à la promotion de l’Isio ActiStérol, « première sauce salade qui réduit le cholestérol », en passant par les œufs Matines, Ovipac, Ovifrance (oeufs en poudre), la viande de porc, ou les conseils à l’élevage (« Sanders, 30 ans d’innovations en lapin »), les produits vétérinaires et médicaments pour animaux de compagnie (Sogeval), les produits phytosanitaires (« TH5, le désinfectant méchamment concentré »)… On s’éloigne de la filière des oléagineux.

 

Le « pouvoir des fleurs » de Sofiprotéol


Les ambitions de Sofiprotéol ne se limitent pas à la production agricole. Avec le groupe d’informatique agricole Isagri, il vient de racheter le groupe de presse France Agricole. Celui-ci édite notamment la revue du même nom, hebdomadaire professionnel le plus diffusé en Europe, tiré à 150.000 exemplaires. France Agricole gère aussi le réseau communautaire du monde agricole, Agrilink. « Contrôler la presse agricole est un bon moyen pour remporter les élections professionnelles », souligne Patrick Sadones. Et l’excédent brut d’exploitation de 300 millions d’euros prévu en 2011, comme pour les années précédentes, laisse quelques marges de manœuvre à Sofiprotéol pour investir dans des secteurs encore inexplorés.

 

L’avenir de l’agriculture sera-t-il à l’image de Sofiprotéol ? Xavier Beulin sera en première ligne dans les actuelles négociations du G20 agricole, dans celles sur la réforme de la PAC de 2013, dans les discussions de l’OMC, dans la mise en œuvre de la loi de modernisation de l’agriculture… « Qui aurait imaginé que le pouvoir des fleurs deviendrait un modèle économique d’avenir ? », titre la nouvelle campagne de pub de Sofiprotéol. Le « flower power » ? Sans doute pour montrer qu’avec quelques fleurs de colza, on peut construire un rapport de force qui fait plier gouvernement et multinationales. Mais les agriculteurs en profitent-ils vraiment ? Pas sûr. Entre OGM, agrocarburants et chimie verte, l’agriculture que nous prépare Sofiprotéol ne fait pas vraiment envie.

 

Agnès Rousseaux

 

Notes

[1] (« At heart we still are farmers »)

[2] Filiale génétique porcine de Glon Sanders

[3] Et le pôle fertilisants d’InVivo traite chaque année 1,2 million de tonnes de « produits de nutrition du sol et des plantes ». Source : http://www.invivo-group.com/activit…

[4] Ils préfèrent intégrer du Diester® à leur gasoil plutôt que d’importer du gasoil de Russie

[5] Ce qui équivaut à une subvention publique de 153 euros par tonne de graines de colza produites pour le Diester®. Source : Patrick Sadones, Xavier Beulin et le Diester : petite histoire d’une grosse arnaque

[6] Selon l’Ademe, on passe d’une « efficacité énergétique » de 2,99 à 2,16 entre les deux études, bien loin du chiffre annoncé par Xavier Beulin de 3,5

[7] L’ancien ministre de la Défense Charles Millon est également actionnaire et membre du conseil de surveillance d’Agroed. Il a été l’objet en 2008 d’une enquête préliminaire pour « abus de biens sociaux », « faux » et « recel » concernant un détournement présumé de fonds de cette société

[8] En 2010, selon l’USDA, la capacité d’estérification en France était de 2,9 Mt d’huile alors que la production française était de 2,646 Mt (6,3 Mt de graines d’oléagineux contenant 42% d’huile). Source : Agreste – Bilan conjoncturel 2010 – n°7-Octobre- Novembre 2010

 

Source : bastamag



Par ESPACERDA - Publié dans : Environnement
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Samedi 30 juillet 6 30 /07 /Juil 13:33

 

Guéant et Sarkozy mis en cause pour des contrats avec la Libye en 2007

Le ministre de l'intérieur, Claude Guéant, le 16 juin à Nice.

Le ministre de l'intérieur, Claude Guéant, le 16 juin à Nice. AFP/SEBASTIEN NOGIER


 

Mediapart continue sa série de révélations tirées d'une masse de documents relatifs à Ziad Takieddine, intermédiaire franco-libanais de ventes d'armes, proche d'un certain nombre de personnalités de l'UMP et principal suspect de l'affaire de Karachi (voir notre infographie : comprendre l'affaire de Karachi en trois minutes).

 

Le site a mis en cause nommément, jeudi 28 juillet, le ministre de l'intérieur, Claude Guéant, et le chef de l'Etat. Documents à l'appui, Mediapart relate comment la Place Beauvau a aidé, de 2005 à 2007, Ziad Takieddine à obtenir des contrats en Libye. Le maître d'œuvre de ce rapprochement franco-libyen, qui est également intervenu pour la libération des infirmières bulgares à l'été 2007, n'est autre que l'actuel ministre de l'intérieur, Claude Guéant, affirme Mediapart.

 

TAKIEDDINE, ARTISAN DU RAPPROCHEMENT ENTRE SARKOZY ET LA LIBYE


Ziad Takieddine est soupçonné d'avoir été l'un des intermédiaires des contrats Agosta de vente de sous-marins au Pakistan en 1994. Les commissions qu'il a touchées en marge de ces contrats et qu'il a reversées à des intermédiaires pakistanais pour faciliter la vente auraient pu donner lieu, selon les soupçons des juges, à des rétrocommissions illégales, qui auraient servi à financer la campagne d'Edouard Balladur en 1995, campagne dont Nicolas Sarkozy était l'un des principaux artisans.

 

C'est l'arrêt du versement des commissions par Jacques Chirac et Dominique de Villepin, quelques années plus tard, qui aurait abouti à l'attentat qui a tué quatorze personnes dont onze Français, le 8 mai 2002 à Karachi.

 

Selon les nouveaux documents que publie Mediapart, Ziad Takieddine a entretenu des relations avec certains proches de l'actuel chef de l'Etat, notamment au travers d'une tentative avortée de vendre un système de surveillance aux frontières à l'Arabie saoudite en 2003. Jacques Chirac a fait stopper au dernier moment ce contrat mené sous l'égide de M. Guéant, alors directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, lui-même ministre de l'intérieur.

 

En 2005, au retour de Nicolas Sarkozy Place Beauvau, la Libye, qui cherche à rompre son isolement international, prend contact avec lui pour "établir une coopération sérieuse dans tous les domaines de la sécurité". Le ministre de l'intérieur libyen de l'époque souhaite même rencontrer son homologue français.

 

"L'AUTRE SUJET IMPORTANT..."


Ziad Takieddine sert alors d'intermédiaire et cherche à faire venir des cadres de la compagnie Sagem en Libye pour y discuter d'un projet de vente d'un système de fabrication de passeports et de cartes d'identité biométriques. D'autres projets sont évoqués dans des courriers cités par Mediapart, sur la modernisation d'avions de chasse Mirage et Sukhoi, par exemple, ou la surveillance aux frontières. Deux domaines qui relèvent, en principe, du ministère de la défense et pas de celui de l'intérieur.

 

Claude Guéant prend alors langue personnellement avec M. Takieddine. Celui-ci envoie, le 6 septembre 2005, une note au directeur de cabinet du ministre de l'intérieur, pour préparer une visite de Nicolas Sarkozy en Libye. Au menu, des discussions sur le terrorisme ou l'immigration, mais aussi des questions de contrats.

 

M. Takieddine évoque dans ses courriers à M. Guéant une visite préparatoire que ce dernier effectuerait préalablement et "de manière confidentielle". La note du Franco-Libanais à M. Guéant explique que cette discrète visite aura un "autre avantage : plus d'aise pour évoquer l'autre sujet important, de la manière la plus directe..." Ce "sujet important" n'est pas précisé. "Il est indispensable que le volet 'commercial' de la visite ne soit pas mis en avant par les préparatifs officiels", écrit encore M. Takieddine.

 

COMMISSIONS ILLÉGALES


Un autre courrier, de Nicolas Sarkozy cette fois, et adressé à un proche de Mouammar Kadhafi, confirme le projet de visite officielle précédée de la venue de Claude Guéant à Tripoli. Dans une nouvelle note envoyée en septembre 2005 par M. Takieddine à M. Guéant, l'intermédiaire évoque la volonté du ministère de l'intérieur français de vouloir superviser "la bonne exécution tant des travaux que du contrat".


Dans un autre document, M. Takieddine assure à son correspondant libyen que "Sagem est la société à laquelle le ministre (Nicolas Sarkozy) a l’intention de confier le contrat de surveillance des frontières en entier". Mais le clan Chirac veille, et récupère les contrats de rénovation au profit de Dassault et non de Sagem.

 

Ziad Takieddine repart à l'assaut en 2006. Il fait cette fois l'intermédiaire entre I2e, groupe spécialisé dans la "guerre électronique", dirigé à l'époque par Philippe Vannier, actuel dirigeant du groupe Bull (aujourd'hui, I2e a été renommée "Amesys" et appartient au groupe Bull). Dans un courrier aux autorités libyennes, M. Vannier évoque, pour vanter sa technologie de contre-mesures d'écoutes électroniques, "le ministre de l'intérieur français", qui "dispose d'une réelle connaissance corroborée par une collaboration avec la société spécialisée dans ce domaine", I2e donc.

 

Un contrat est signé pour 33 millions d'euros avec la marine libyenne. M. Takieddine percevra en 2007 et en 2008 de la part d'I2e une commission de 4,5 millions via plusieurs sociétés offshore. D'autres contrats de la même société lui permettront de toucher 7 millions supplémentaires. Autant de sommes en principe illégales : la France a proscrit depuis 2000 les commissions sur les ventes d'armes et de matériel assimilé comme les technologies de surveillance.

 

LES COULISSES DE LA LIBÉRATION DES INFIRMIÈRES BULGARES


Avec l'élection de Nicolas Sarkozy, en 2007, Ziad Takieddine évoque dans plusieurs notes ses espoirs de nouveaux contrats avec la Libye. "Des coopérations industrielles et technologiques assorties de créations d'emplois doivent être mises en place. Cette politique devra se traduire par la mise en place d'un système nouveau plaçant les contrats qui doivent aboutir sous l'égide du nouveau président", écrit l'intermédiaire le 11 juin 2007.

 

Le même jour, M. Takieddine écrit dans une autre note que "M. Brice Hortefeux (alors ministre de l'immigration) doit se rendre à Tripoli prochainement. Il pourrait y préparer l'officialisation des commandes pour la France". Dans sa note, M. Takieddine n'évoque ni la ministre de l'intérieur de l'époque, Michèle Alliot-Marie, ni le ministre de la défense, Hervé Morin. Parmi les sujets que doit évoquer M. Hortefeux, figurent, selon le Franco-Libanais, "les infirmières bulgares : le ministre est chargé de la négociation de l'accord en vue du dénouement de cette affaire", mais aussi la "signature d'accords souhaités par la France".


C'est finalement Claude Guéant qui se rendra en Libye à la place de Brice Hortefeux. Devant la commission d'enquête parlementaire sur les conditions de la libération des infirmières bulgares en 2007, M. Guéant a assuré : "Il n'y a eu aucune contrepartie, je l'ai déjà dit et je le répète: la France n'a pas déboursé un centime ; la France n'a pas conclu le moindre contrat pendant les discussions sur la libération des infirmières et du médecin ; la France n'a pas échangé leur élargissement contre des perspectives de coopération supplémentaires."


Or, plusieurs pièces montrent que cette affirmation était fausse. Au moment où se négociait la libération des infirmières, M. Guéant échangeait avec ses homologues libyens des promesses de coopération. Dans un courrier du 20 juillet, Claude Guéant promet que la France a l'intention de "renforcer sa coopération bilatérale, dans le domaine du développement technologique, du nucléaire civil, de la défense et de la formation" avec la Libye de M. Kadhafi.

 

Source : Le Monde

 

Par ESPACERDA - Publié dans : Alternoces
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